2- Comment se dessine l’avenir du secteur industriel à la lumière de cette crise mondiale ?
Suite au plan de relance et de redéploiement de l’économie nationale décidé par le Président Ben ALI au cours du Conseil des ministres du 23 décembre 2008, il a été procédé à la réduction des délais de déblocage des primes de mise à niveau, afin d’aider rapidement les entreprises ayant réalisé une partie ou la totalité des actions de leur plan de mise à niveau, compte tenu du fait qu’elles peuvent connaître éventuellement un déséquilibre au niveau de leur trésorerie, dû à la conjoncture actuelle.
D’autre part, et dans le cadre de la tradition de concertation instaurée entre le PMN et ses différents partenaires (l’UTICA, l’UGTT, le secteur financier et les différentes administrations concernées) et ce depuis la mise en œuvre dudit programme, la situation du secteur industriel a été érigée en point principal de l’ordre du jour du Comité de Pilotage du Programme (COPIL), en vue d’assurer un suivi régulier de la situation, anticiper les événements et proposer les ajustements qui s’imposent, en temps opportun.
2- Comment se dessine l’avenir du secteur industriel à la lumière de cette crise mondiale ?
Certes, la conjoncture actuelle a causé des difficultés pour certaines de nos entreprises, notamment celles actives dans le secteur des composants automobiles et le textile, mais ces difficultés ne sont que conjoncturelles.
Au-delà de ces difficultés, la crise actuelle offre des opportunités réelles pour les entreprises tunisiennes, qu’il s’agit d’exploiter au mieux. Sans compter que certaines entreprises européennes ayant cessé leurs activités, ont laissé, de ce fait, un vide au niveau de plusieurs marchés extérieurs, comme les pays du Golfe et l’Afrique, ou encore en Europe même. On a ainsi constaté que plusieurs opérateurs se sont adressés dernièrement au marché tunisien parce que leurs anciens fournisseurs ont cessé leurs activités.
D’autre part, la crise actuelle a induit des changements profonds au niveau du marché européen. Les exigences de ce marché sont aujourd’hui : qualité produit, délais courts, petites séries et prix raisonnables. Ces exigences constituent les points forts de l’industrie tunisienne. Les entreprises sont appelées à les exploiter en vue de renforcer leurs parts de marchés, d’autant plus que les marges de progression sont importantes. A titre d’exemple, les exportations tunisiennes en textile vers l’UE représentent à peine 5% des besoins de ce marché. Le Ministère de l’Industrie, de l’Energie et des PME, à travers les mécanismes mis en place, est là pour aider les entreprises à se conformer à ces exigences.
Par ailleurs, il convient de s’attendre à ce que la crise actuelle ait comme conséquence une intensification des délocalisations en dehors de l’Europe. Il s’agit là d’une opportunité nouvelle que l’industrie tunisienne est invitée à saisir.
C’est dans cette perspective que s’inscrit la réalisation de l’étude : « L’Industrie Tunisienne à l’Horizon 2016 » qui sera suivie d’un important programme promotionnel pour l’industrie nationale dont la mise en œuvre est prévue pour les prochains mois et qui comporte l’organisation de plusieurs séminaires et manifestations en Europe.
Avec l’exonération totale de droits de douanes des produits industriels européens importés par la Tunisie, l’année 2008 a constitué un nouveau défi pour la compétitivité de l’industrie tunisienne.
Comme en témoignent plusieurs indicateurs de performance, les entreprises tunisiennes ont a su relever ce défi. C’est ainsi que les exportations industrielles sont passées de 15 milliards de dinars en 2007, à plus de 18 milliards de dinars en 2008, alors qu’en 1995, elles se situaient à peine à 4 milliards de dinars.
Ce résultat est imputable à la dynamique qu’ont connu les exportations de l’ensemble des activités industrielles, et en particulier le textile, dont les exportations sont passées de 2000 MD en 1995 à 5180 MD en 2008, et le secteur des industries mécaniques et électriques, dont les exportations ont atteint 6230 MD en 2008 contre 100 MD en 1995.


