Comment financer un projet innovant…
Le Ministère de l’Industrie et de la Technologie à organisé, mardi 29 juin 2010, en collaboration avec le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, et avec l’UTICA, la BEI, la GTZ et l’AFD, une manifestation intitulée « les Rencontres de l’Innovation » consacrée particulièrement aux mécanismes de financement.
Dans son mot d’introduction au nom de l’UTICA, M. Hichem Elloumi, Président de la FEDELEC, a insisté sur l’importance de l’innovation technologique dans le développement de compétitivité des entreprises tunisiennes confrontées au double défi de l’exigüité du marché local et de l’intégration dans un marché mondialisé
Tout en saluant le rôle de l’Etat en précurseur dans le domaine de l’innovation, le Président de la FEDELEC a renouvelé l’adhésion de la Centrale Patronale à cette démarche, affirmant que l’entreprise demeure son acteur principal tout en appelant à regrouper et assouplir les mécanismes de soutien à l’innovation pour faciliter l’adhésion des entreprises.
M. Abdelaziz Rassaa, Secrétaire d’Etat à l’Energie Renouvelable et aux Industries Agroalimentaires, dans son allocution d’inauguration des Rencontres de l’Innovation a axé son discours sur l’importance de l’innovation comme levier de développement de l’entreprise et de l’économie en général et ce à travers le programme présidentiel « Ensemble, Relevons les défis » qui consacre son point 11 à la nécessité de bâtir une économie à contenu technologique élevé, amie de l’environnement, économe en énergie et innovante.
Le Secrétaire d’Etat a rappelé à ce propos que la stratégie nationale de l’industrie tunisienne à l’horizon 2016 a préconisé pour le pays un positionnement à trois dimensions faisant de la Tunisie un centre euro-méditerranéen innovant et de très grande compétitivité permettant, entre autre objectifs, de doubler les exportations en 2016 pour atteindre 16.6 Milliards d’Euros avec 50% au moins parvenant de secteurs à haute valeur technologique au lieu de 25% actuels d’origine, d’atteindre 1.65 Milliards d’Euros d’investissement au lieu de 0,55 en 2007 et de créer 150 000 postes d’emploi.
Afin d’atteindre ces objectifs ambitieux, plusieurs décisions ont été prises pour améliorer le climat des affaires, faciliter la création des entreprises, promouvoir des nouveaux outils de financement des projets innovants.
M. Rassaa a indiqué dans ce sens que l’élargissement de domaine d’intervention de l’API et la création des nouvelles directions générales au sein du MIT afin d’englober désormais l’innovation technologique, démontre ce souci des pouvoirs publics de mettre la thématique de l’innovation aux centre des intérêts de l’administration, comme le démontre l’effort visant à atteindre 80 laboratoires accrédités en 2016 au lieu de 51 actuellement. Il a insisté sur la nécessaire synergie à développer entre les secteurs publics et privé dans ce domaine à travers les réseaux des pôles technologiques et des réseaux d’innovation existant comme dans l’agroalimentaire, les industries mécaniques et électriques , le textile, la pharmacie, l’énergie et autres.
Les séances de travail des rencontres :
Les travaux de ces rencontres de l’innovation, ont abordé quatre grandes thématiques à travers les séances de travail organisées et qui concernent :
1. Les encouragements au développement des projets innovants
Animateurs : MM.Ahmed DHOUIB (DGIDT) & Béchir BOUJDAY (UTICA)
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Les outils de financement de l’innovation
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Valorisation des projets R&D dans les cinq technopoles
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Programme d’appui à l’innovation (Innov) de la GTZ
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Les experts en Innovation
2. Financement de l’innovation dans les entreprises : enjeux et pratiques internationales
Animateurs : MM. Mohamed BEN ABDALLAH - DG de l’API Innovation & Bahri REZIG (ANPREV
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Pratiques internationales : cas des pays scandinaves et de la France (Oseo)
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Financement de l’innovation par la BEI
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L’expérience de l’Union Européenne dans le financement des activités innovantes
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Financement de l’innovation par l’AFD
3. Les réseaux d’innovation
Animateurs : M. Abdelkrim ZBIDI (Président du Conseil Scientifique et d’Orientation du PC de Sousse) & Mme Samira BEN AMARA (DGIIT)
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Le réseau IN’TEX de Mfcpole
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Le réseau AGRO’TECH du PC Bizerte
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Le réseau MECATRONIC et le Groupe de Travail sur le CRT Sousse
4. Essaimage et Business Angels : Appui aux projets innovants
Animateurs: MM. Tahar LASSOUED (BMN) & Mourad Ben MAHMOUD (UTICA)
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L’essaimage : levier des projets innovants
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L’apport des Business Angels dans la chaîne de financement de l’innovation
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Présentation de Carthage Business Angels et l’activité essaimage de Poulina
Les mécanismes de financement
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Les ITP, Investissements Technologiques Prioritaires, déjà existant et gérés au sein du PMN
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Le FOPRODI, Fond de Promotion et de Décentralisation Industrielle, géré par l’APII avec les banques commerciales.
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Le FCPR In’ Tech, Fonds Commun de Placement à Risque, d’un capital de 50 MD, le fonds est dédié exclusivement à la participation aux fonds propres nécessaires pour la création d’entreprises innovantes et de concrétisation des programmes des PME en matière de développement technologique et géré par la société Capital SAGES. Le fonds intervient dans le financement de projets dont le coût global se situe entre 100 mille et 5 MD. Il contribue à la consolidation des fonds propres de l’entreprise via des mécanises souples et l’adoption d’une structure de financement basée sur les fonds propres. Pour bénéficier des interventions du FCPR, l’entreprise candidate doit répondre aux mêmes conditions d’éligibilité aux interventions des SICAR et doit bénéficier de l’approbation de la commission d’investissement spécifique au fonds.
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La PIRD, Prime d’investissement de Recherche Développement. Le décret N°656-2010, en date du 5 avril 2010, fixe les conditions d’octroi et le taux de la prime accordée au titre des investissements réalisés dans le domaine de la recherche développement. Il s’agit de deux primes. D’abord, celles relatives aux études, et qui représente 50% du coût global plafonnée à 25 mille dinars. Ensuite, 50% du coût de la réalisation des prototypes et des expériences techniques afférentes aux études, à l’acquisition de matériel et équipements scientifiques nécessaires aux projets de recherche-développement appliquée, pour les laboratoires. Une prime plafonnée à 100 mille dinars. L’avantage de la PIRD c’est que les PME peuvent en bénéficier immédiatement après leur entrée en activité, tout en leur permettant de compter sur leurs propres ressources humaines et techniques
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Le PNRI, Programme National de Promotion de Recherche Innovation. Il s’agit d’un programme qui finance les projets de recherche, de développement, d’innovation, d’amélioration de la qualité des produits des entreprises industrielles, de développement de leurs capacités concurrentielles et de modernisation des mécanismes de production, à travers la consolidation de la coopération et du partenariat entre les entreprises industrielles, les structures de recherche et les centres techniques. Au titre du PNRI, le Ministère de l’Industrie et de la Technologie contribue à hauteur de 80% dans le coût du projet de recherche et d’innovation technologique. Une contribution plafonnée à 200 mille dinars. La contribution de l’Etat est versée au Centre technique, en tant que structure porteuse du projet. Quant à l’entreprise industrielle bénéficiaire de la recherche, sa contribution se situera à hauteur de 20% du coût global du projet. Pour bénéficier des interventions du PNRI, il faudrait constituer une équipe de travail composée, outre l’entreprise bénéficiaire, d’un centre sectoriel et d’une structure publique de recherche. Il faut, aussi, que le centre technique sectoriel soit le porteur du projet, que ce dernier témoigne de sa capacité innovatrice et que la réalisation du projet ne dépasse pas les deux ans.
Les témoignages des projets innovants
Les séances thématiques ont été émaillées de témoignages des entreprises innovantes déjà en production ou sur le point de l’être ayant bénéficié souvent d’un mécanisme(ou de plus) de financement et de l’aide des structures d’appui et des réseaux d’innovation
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Casa Del Esparto, littéralement Dar El Halfa.
Réalisé dans le cadre de l’essaimage avec la Société Nationale de Cellulose et de Papier Alfa, la SNCPA, ce projet va apporter son soutien à la recherche- développement et à l’expertise dans ce secteur prometteur grâce à l’utilisation à son amont de brevets tunisiens, et la réalisation d’un laboratoire et d’une unité de production de non-tissé, sur un terrain de 16.000m2 au sein du MFCPOLE de Monastir, en plus de l’unité d’extraction des fibres et purification de la liqueur noire, prévue à Hassi Lefrid, dans le Gouvernorat de Kasserine.
Le projet est destiné à produire des fibres d’alfa et du non tissé. L’introduction des fibres ultimes cellulosiques d’alfa qui seront ainsi produites dans les secteurs du textile technique, constituent, en effet, un axe de travail important pour le promoteur de Casa Del Esparto, M. Néjib H’mida et ses associés. Le bouquet de fibres et du non-tissé ainsi produit n’a jamais été connu jusqu’a maintenant en Tunisie. -
La Société FERTIMED, productrice d’engrais NPK intelligent qui permet de gérer l’apport d’engrais selon exactement les besoins de la plante dans un nouveau processus appelé slow release (alimentation lente) et obtenant in fine une plus grande économie dans l’utilisation des engrais chimiques pour le bien du sol.
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la Société INSEN s’est appliquée, entre autres objectifs de sa création, à proposer une gamme d’équipements électroniques robustes, la plus fiable et la plus concurrentielle possible et surtout économe d’énergie et qui concerne :
• Économiseur d’énergie électrique Variateur de puissance
Une solution permettant aussi bien d’économiser jusqu’à 40% d’énergie sur l’éclairage et ainsi garantir un retour sur investissement moyen de 1 an
(Période variable selon les cas)
• Régulateur de Tension
Les régulateurs de tension sont conçus pour offrir aux machines, aux appareils électroniques et aux systèmes d’éclairage toute l’énergie nécessaire pour une exploitation optimale.
D’autres témoignages ont été présentés, comme l’ont été les expériences de processus de l’innovation dans les pays scandinaves, le réseau français Oseo, les approches de la BEI ou de l’Union européenne afin de mesurer ce qui reste à faire en Tunisie et de bien s’imprégner des expériences réussies dans le monde.
D’ailleurs la dernière séance a été consacrée à la présentation du mécanisme de l’essaimage, levier des projets innovants à travers le parrainage et la participation des grandes entreprises mais également d’un nouveau mécanisme pas encore connu en Tunisie qui est les Business Angels.
Un Business angel, selon Wikipédia, « est une personne physique qui investit une part de son patrimoine dans une entreprise innovante à potentiel et qui, en plus de son argent, met gratuitement à disposition de l’entrepreneur, ses compétences, son expérience, ses réseaux relationnels et une partie de son temps» .Les business Angels peuvent se mettre en réseau et agir à travers une entité juridiquement constituée, et ce modèle, venu des Etats-Unis, est assez répandu dans les pays anglo-saxons et commence à émerger en France. Un ou plusieurs réseaux de ce type vont voir le jour bientôt en Tunisie et viendront efficacement épauler les efforts de financement de l’innovation.
Détails du FCPR IN’TECH:
http://www.industrie.gov.tn/TB/05_10/tb_industrie_05_10/1/images/presentation_fcpr_04_10.pdf
http://www.industrie.gov.tn/TB/05_10/tb_industrie_05_10/1/images/fcpr_05_10.pdf






