Après avoir atteint un niveau historique au cours du mois de juillet, le baril de pétrole brut est retombé aussi vite qu’il est monté, sur un marché perdant tous ses repères et que l’OPEP n’est pas parvenue à réguler.
L’année 2008 a été par excellence l’année des fluctuations des prix du pétrole. Ainsi, la volatilité des prix constatée durant cette année a traduit l’image d’un marché sans orientations, échappant à ses fondamentaux que sont l’offre et la demande.
Contrairement au passé où les hausses étaient souvent engendrées par des facteurs géopolitiques ou par les fondamentaux du marché, l’envolée des prix en 2008, a été surtout le résultat d’une forte spéculation, tout comme la chute des prix à partir de l’été.
Les prix du baril qui ont atteint un pic de 147 dollars à la mi-juillet, ont ainsi perdu plus des deux tiers de cette valeur quelques mois plus tard, dans un contexte international marqué par l’aggravation de la crise financière, qui a menacé sérieusement les grandes puissances économiques de la planète notamment les Etats Unis, le Japon et l’Union européenne, et même la Chine, principaux consommateurs de pétrole dans le monde.
Face à cette situation l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), qui représente plus de 40% de la production mondiale de brut, n’avait pas d’autres choix que de décider de trois réductions de production en quatre mois pour stopper l’effondrement des prix.
Ainsi, l’OPEP a réduit sa production, pour la première fois de son histoire, de 2,2 million de barils/jour (mbj), le 17 décembre à Oran.
Pour tenter d’impressionner le marché, elle a même annoncé que cela représentait 4,2 mbj de moins par rapport à la production de septembre en cumulant ces trois baisses. Poussant plus loin encore leurs résolutions, les membres de l’OPEP sont parvenus en 2008 à un consensus pour baisser la production à chaque fois que le marché l’exige, contrairement au passé ou des dissensions pouvaient apparaître autour des réductions de production.
Par la suite et pour partager ce fardeau, l’OPEP a multiplié les appels en 2008 aux autres pays producteurs pour la soutenir dans ses efforts de stabilisation du marché. La Russie qui a répondu à l’appel en prenant part à la réunion d’Oran, s’est contentée toutefois de simples propositions de baisse si la situation actuelle des prix persiste.
Le soutien de la Russie, grand producteur avec 12,5% du volume de l’extraction mondiale de pétrole mais confrontée à une diminution de la production, serait de toute façon intervenu même s’il n’a pas été décidé.
Malgré cette coupe importante dans la production, l’organisation n’est pas parvenue à enrayer la chute des prix qui ont poursuivi leur baisse sur un marché largement approvisionné, continuant à ignorer cette mesure et à afficher des prix bas.
C’est que le marché pétrolier a beaucoup plus réagi aux chiffres annonçant une contraction de la demande mondiale de pétrole qui s’est inscrite cette année dans la même tendance baissière que les marchés financiers, en raison de la récession économique mondiale.
Pour la première fois depuis 25 ans, la demande mondiale de pétrole s’est contractée de 0,2 mbj pour atteindre 85,8 mbj, résultat des retombées de la crise économique mondiale, selon le dernier rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE).
Pour l’industrie pétrolière, l’année 2008 a été fatale pour les investissements car le niveau de prix actuel va conduire à des reports voire à des annulations de plusieurs projets à travers le monde, notamment les projets des gisements, dont le développement n’est pas rentable en dessous de 75 dollars le baril.
Par conséquent, l’année 2008 a vu l’arrêt net des investissements dans l’offshore profond de l’Alberta (USA) et le report de tous les projets de raffinage de l’Arabie Saoudite, premier producteur mondial de brut. 2008 a été surtout marquée , par des revenus record en devises pour les pays exportateurs de pétrole, fruit d’une envolée sans précédent des prix du brut durant les sept premiers mois de l’année.






